Pour comprendre les pannes d'Élancourt, il faut remonter à 1971, lorsque la commune — alors un village de quelques milliers d'âmes autour de son église et de la ferme de la Villedieu — a été intégrée à la ville nouvelle de Saint-Quentin-en-Yvelines. En moins de vingt ans, tout a changé d'échelle.
Les Nouveaux Horizons comptent parmi les tout premiers programmes livrés, au tournant des années 1970. Puis est venu le centre des Sept Mares, conçu comme le pôle principal de l'ouest de la ville nouvelle, à cheval sur Élancourt et Maurepas, avec ses commerces, son centre administratif et ses équipements. Les architectes Martine et Philippe Deslandes y ont signé plusieurs ensembles, dont les fameuses « Vagues », achevées en 1977 — ces immeubles ondulants que tout Élancourtois connaît. À la fin des années 1970 et au début des années 1980 ont suivi les quartiers résidentiels du Gandouget, des Petits Prés et des Réaux. Enfin, en 1983, le secteur agricole de la Clef de Saint-Pierre — environ 230 hectares détachés de Plaisir lorsque cette commune a quitté la ville nouvelle — a été rattaché à Élancourt, avant d'être urbanisé dans les années 1990 au pied de la colline de la Revanche.
Qu'est-ce que cela donne, vu du tableau électrique ? Un parc d'une homogénéité rare en Île-de-France. Là où une commune ancienne mélange des installations de 1930, de 1965 et de 2010, Élancourt aligne des dizaines de milliers de circuits posés dans une fenêtre de vingt-cinq ans, par vagues de programmes entiers. Les promoteurs de la ville nouvelle travaillaient en série : même tableau, même câblage, mêmes convecteurs dans des centaines de logements livrés la même année. Quand un composant atteint sa limite d'usure dans un logement, ses jumeaux du même programme ne sont jamais loin derrière.
J'ajoute un élément de contexte que les moins de cinquante ans ne peuvent pas connaître : ces quartiers ont été construits juste après le premier choc pétrolier de 1973, à l'époque où la France électrifiait son chauffage à marche forcée. Le tout-électrique — convecteurs, ballon d'eau chaude sur heures creuses, cuisson électrique — est la norme dans une grande partie du parc élancourtois. Ces installations ont donc été dimensionnées généreusement pour l'époque… mais l'époque ignorait les plaques à induction, les sèche-linge à condensation, la climatisation mobile et les bornes de recharge.
Mes anciens collègues du réseau le disaient déjà : un réseau n'est pas mauvais parce qu'il est ancien. À Élancourt, les installations ont leur âge — elles ne sont pas dangereuses par principe, elles sont anciennes. Nuance. Mais une installation ancienne se surveille, s'entretient, et surtout se diagnostique honnêtement avant qu'on vous vende n'importe quoi. C'est tout l'objet des sections qui suivent.
