Quand je suis entré à EDF en 1978, mes anciens me répétaient une chose qui ne m'a jamais quitté : un réseau ne ment pas. Quand il proteste — un disjoncteur qui claque, un fusible qui noircit, une odeur de chaud près d'une prise — c'est qu'il a une raison. Et à Taverny, la raison est presque toujours liée à la date de naissance de l'installation.
La mairie découpe officiellement la commune en huit quartiers : Les Côteaux, Centre-ville/Gare, Les Lignières, Mermoz/Les Écouardes, Jean-Bouin/Les Sarments, Vaucelles/Bois des Aulnaies, Verdun/La Plaine et le Carré Sainte-Honorine. Derrière cette carte administrative se cache une carte électrique que je vais vous dessiner.
Sur les Côteaux, au pied de la forêt domaniale de Montmorency, on trouve les maisons les plus anciennes de la commune : meulières du début du XXe siècle, villas de villégiature, pavillons de l'entre-deux-guerres. Beaucoup ont été rénovées par strates successives. C'est le terrain typique de l'installation « millefeuille » : un tableau modernisé dans les années 1980, des circuits ajoutés en 2005 pour la cuisine, et au fond du couloir, une applique encore alimentée par un conducteur dont la gaine a l'âge de ma carrière. Le danger n'est pas la vieillesse en soi : c'est l'hétérogénéité, parce qu'elle rend l'installation illisible — pour vous, et parfois même pour un dépanneur pressé.
Autour du Centre-ville et de la gare de Taverny, le bâti mêle maisons de bourg anciennes près de l'église Notre-Dame — un édifice du XIIIe siècle, c'est dire si le quartier a de la mémoire — et petites copropriétés construites au fil de l'urbanisation de la ligne. Les pannes que l'on m'y décrit relèvent souvent du vieillissement des parties privatives : prises descellées, interrupteurs fatigués, différentiels d'ancienne génération.
À Vaucelles, aux Lignières, à Verdun/La Plaine, place aux lotissements pavillonnaires des Trente Glorieuses et des années 1970-1980, qui ont fait tripler la population tavernoise. Ces maisons ont été livrées avec une électricité correcte pour l'époque : tableau à fusibles ou disjoncteurs de première génération, terre parfois incomplète à l'étage, circuits dimensionnés pour un foyer qui ne possédait ni lave-vaisselle, ni sèche-linge, ni plaque à induction, ni borne de recharge. Cinquante ans plus tard, on demande à ces circuits trois fois plus de puissance qu'à leur naissance. Ils protestent. C'est de la physique, pas de la malchance.
Aux Sarments et à Mermoz/Les Écouardes, l'habitat collectif des années 1960-1970 domine, avec des colonnes montantes et des tableaux d'appartement qui ont connu des campagnes de rénovation inégales d'une résidence à l'autre. Au Carré Sainte-Honorine, enfin, les programmes récents offrent des installations conformes à la norme NF C 15-100 moderne : différentiels 30 mA généralisés, circuits spécialisés, terre systématique. Les pannes y sont rares et presque toujours imputables à un appareil défectueux, pas aux murs.
Pourquoi ce tour de ville ? Parce qu'un bon électricien adapte son diagnostic à l'âge du bâti, et qu'un escroc applique le même devis gonflé partout. Quand vous appelez le 01 41 69 10 08, décrivez votre quartier et l'âge approximatif de votre logement : c'est la première donnée utile du diagnostic, et elle ne coûte rien.
