La norme NF C 15-100 dit ceci, et la pratique terrain ajoute cela. Avant de diagnostiquer une installation électrique dans le 13e arrondissement, il faut comprendre ce que dit la norme et — surtout — ce qu'elle n'exige pas.
La norme NF C 15-100 régit les installations électriques basse tension en France depuis sa première édition en 1969. Elle a été révisée à plusieurs reprises, avec des amendements majeurs : amendement A2 en 2008 (généralisation des disjoncteurs différentiels 30 mA), amendement A4 en 2010 (renforcement des circuits spécialisés), amendement A5 en 2015 (intégration des nouveaux usages, communications, IRVE). La version actuellement opposable est NF C 15-100 incluant les amendements jusqu'à A5.
Premier point fondamental : la norme NF C 15-100 n'est pas rétroactive. Cela signifie que votre installation, si elle date de 1975, n'a pas à respecter la norme NF C 15-100 dans sa version 2015. Elle doit respecter la norme en vigueur au moment de son installation, et c'est tout. La conséquence pratique : votre installation n'est pas obligatoirement "non conforme" si elle a 50 ans, elle est "non actualisée". C'est une nuance fondamentale qui distingue un diagnostic honnête d'un argumentaire commercial alarmiste.
Deuxième point : la mise aux normes est obligatoire dans trois situations. Premièrement, lors de la construction d'un logement neuf. Deuxièmement, lors d'une rénovation totale de l'installation électrique. Troisièmement, lors d'une extension significative (création de pièces, ajout massif de circuits). En dehors de ces trois cas, la mise aux normes n'est pas légalement obligatoire — elle est recommandée pour la sécurité, mais pas imposée.
Troisième point : la mise en sécurité est différente de la mise aux normes. La mise en sécurité consiste à éliminer les risques majeurs identifiés sur une installation ancienne sans tout refaire : ajout d'un dispositif différentiel haute sensibilité 30 mA en tête, mise à la terre des prises de salle de bain, sécurisation des circuits sans terre par disjoncteur différentiel adapté, suppression des fusibles à porcelaine inadaptés. Cette mise en sécurité coûte typiquement entre 800 et 2 500 € TTC pour un appartement de 50-80 m² dans le 13e, contre 6 000 à 12 000 € TTC pour une mise aux normes complète avec refonte du tableau et reprise des circuits.
Sur le 13e arrondissement, les configurations rencontrées varient massivement selon le bâti. Dans les immeubles des Gobelins (1860-1920), les installations électriques ont été pour la plupart reprises dans les années 1960-1970, avec tableaux à fusibles à porcelaine, circuits monophasés en câbles SOH (Souple Oléofiné Hexavalent) à isolation caoutchouc qui durcit en 50 ans, prises sans terre dans toutes les pièces hors cuisine et salle de bain. Mise en sécurité prioritaire recommandée.
Dans les opérations 1950-1970 (reconstructions Maison-Blanche, premiers programmes Place d'Italie), les installations comprennent souvent des résidus de triphasé domestique — 3 phases 230 V entre phases, parfois 380 V entre phases pour les puissances importantes. Le triphasé domestique, normal jusqu'aux années 1960 dans les programmes industriels résiduels du 13e, est aujourd'hui devenu très rare dans le résidentiel neuf. Sa présence dans un appartement du 13e mérite un diagnostic spécifique : il peut être conservé (si l'abonnement Enedis le permet et si la répartition des charges est correcte) ou converti en monophasé (intervention lourde nécessitant l'accord du gestionnaire de réseau).
Dans les opérations 1970-1990 du sud du 13e (tours italiennes, Olympiades, Maison-Blanche post-1975, programmes Tolbiac), les installations sont quasi-systématiquement monophasées, avec tableaux à disjoncteurs divisionnaires des années 1980 mais sans disjoncteur différentiel haute sensibilité d'origine. Mise en sécurité prioritaire : ajout d'un différentiel 30 mA en tête de tableau.
Dans les opérations post-1996 (BNF Tolbiac, ZAC Paris Rive Gauche, programmes Massena), les installations sont conformes à la norme NF C 15-100 dans la version en vigueur au moment de la livraison. Pour les programmes les plus récents (2015+), elles intègrent les amendements A4 et A5. Diagnostic généralement favorable sauf usure ponctuelle.
