Pour bien comprendre la plomberie antonienne, il faut d'abord lire la ville. Antony a grandi par couches successives : village ancien autour de l'église Saint-Saturnin attesté dès le Moyen Âge, urbanisation pavillonnaire à partir des années 1900-1930 le long des avenues structurantes, opérations de logement social et grands ensembles édifiés entre 1955 et 1980 dans plusieurs quartiers, lotissements pavillonnaires plus récents en périphérie, et désormais la ZAC Jean-Zay qui sort de terre depuis 2024 sur d'anciennes friches au nord-est de la commune. La mairie reconnaît officiellement plusieurs grands secteurs, et l'INSEE les découpe à des fins statistiques en vingt-sept quartiers.
Le Centre-ville, organisé autour de la place du Marché, de l'avenue Aristide-Briand et de la mairie historique, conserve un bâti hérité des années 1900-1930 : maisons de meulière, immeubles de rapport modestes, commerces de rez-de-chaussée surmontés de logements bourgeois ou ouvriers. Les distributions d'eau d'origine relèvent du plomb laminé pour les arrivées principales et du cuivre étamé pour les distributions secondaires. Une part significative de ce bâti a connu des modernisations partielles au fil des décennies.
La Croix-de-Berny, au nord-est autour de la gare RER B éponyme et à proximité immédiate du parc de Sceaux, présente un mélange d'immeubles collectifs des années 1960-1980 et de petites résidences plus récentes. Le quartier est l'une des entrées principales d'Antony pour les actifs travaillant à Paris et dans les pôles tertiaires du sud francilien.
Fontaine-Michalon, au sud autour de la gare RER éponyme, prolonge la mosaïque antonienne avec un bâti dominé par des opérations de logements collectifs et des copropriétés intermédiaires des années 1960-1985. Pajeaud à l'est et le secteur de la Bièvre à l'ouest présentent chacun leur typologie particulière. Le secteur de Massy-Antony au sud-est est marqué par la proximité du grand pôle multimodal de Massy-Palaiseau.
Et puis il y a la ZAC Jean-Zay. Cette opération d'aménagement de onze hectares lancée par décision du conseil municipal du 3 décembre 2015 et inaugurée en octobre 2024, structurée autour de l'ancienne résidence universitaire éponyme, a fait sortir de terre depuis 2022 plusieurs centaines de logements neufs et doit accueillir à terme 1 080 logements (580 logements étudiants, 500 logements familiaux), complétés par plus de 9 500 m² d'espaces végétalisés et plus de 700 arbres préservés ou plantés. La plomberie de ce parc neuf — RT 2012 puis RE 2020 — n'a strictement rien à voir avec celle des immeubles bourgeois du Centre.
Cette mosaïque impose à l'artisan une rigueur particulière. On n'aborde pas une fuite dans un pavillon en meulière du Centre comme on aborde une chasse d'eau dans une copropriété de Fontaine-Michalon, ni comme on aborde un plancher chauffant dans une résidence neuve de la ZAC Jean-Zay. Les distributions, les pressions, les contraintes de copropriété et les enjeux assurantiels n'ont rien à voir d'un quartier à l'autre.
