Pourquoi ton WC se bouche (et pourquoi ce n'est jamais ta faute… enfin, parfois si)
Alors déjà, déculpabilisons cinq secondes. Un WC qui se bouche, ce n'est pas une malédiction personnelle. C'est de la physique et de la plomberie, et à Arnouville, il y a quatre grands coupables que je connais maintenant par cœur.
Numéro un, la star incontestée : les lingettes. Oui, même celles avec écrit "biodégradable" en vert sur le paquet. Honnêtement, c'est le plus gros mensonge marketing de la salle de bain. "Biodégradable" veut dire qu'elles finissent par se décomposer… dans environ le temps qu'il faut pour que tu aies oublié que tu en avais jeté une. En attendant, elles s'agglutinent, elles s'accrochent au moindre dépôt dans le tuyau, et elles forment un genre de tampon textile qui ne laisse plus rien passer. Lingettes bébé, lingettes démaquillantes, lingettes ménagères, lingettes "spécial WC" (le comble) : aucune ne descend vraiment. Perso, depuis ma deuxième galère, je les mets à la poubelle. Toutes. Sans exception.
Numéro deux, le tartre et l'âge des tuyaux. Et là, Arnouville entre en scène. L'eau distribuée ici (par Suez, en délégation de service public, pour les curieux) est une eau d'Île-de-France plutôt calcaire. Sur des canalisations anciennes — pense aux pavillons du Vieux Pays ou aux petits immeubles d'avant 1970 — le calcaire se dépose petit à petit sur les parois, rétrécit le diamètre utile du tuyau, et crée des aspérités où tout le reste vient s'accrocher. Un tuyau neuf en PVC bien lisse, ça glisse. Un vieux tuyau en fonte entartré, c'est un peu comme une autoroute avec des dos-d'âne tous les mètres.
Numéro trois, l'objet tombé dedans. Le grand classique tragi-comique. Le bouchon de shampoing, la brosse à dents, le coton-tige (pourquoi les gens jettent leurs cotons-tiges dans les WC, mystère de l'humanité), et le téléphone qui glisse de la poche arrière au pire moment. J'ai une amie à qui c'est arrivé avec ses lunettes. Ses LUNETTES. Ne me demandez pas comment.
Numéro quatre, le bouchon collectif que tu subis sans rien avoir fait. Et celui-là est vicieux, parce que tu n'y es pour rien. Dans un immeuble — même un petit collectif de trois étages près de la gare d'Arnouville — ton WC se vide dans une colonne d'évacuation commune, partagée avec les voisins du dessus et du dessous. Si cette colonne se bouche (graisses, lingettes des autres, tartre généralisé), c'est tout le monde qui trinque, et parfois ça refoule chez celui du rez-de-chaussée. Si ton WC se vide mal alors que tu n'as jamais rien fait de bizarre, et surtout si ça fait pareil chez le voisin, ce n'est pas ton problème individuel : c'est une affaire de copropriété. Garde cette phrase en tête, elle peut t'économiser une facture entière.