Pour bien comprendre la plomberie cachanaise, il faut accepter une particularité urbaine remarquable. Cachan est l'une des communes les plus denses du Val-de-Marne (11 500 habitants par km² sur seulement 2,7 km²) et l'une des plus structurées par sa géographie de coteau. Le territoire s'étire entre la vallée de la Bièvre au nord-ouest et le plateau de Châtillon au sud-est, avec un dénivelé marqué qui a façonné l'urbanisme de la commune. Les aqueducs qui traversent le territoire — l'aqueduc des eaux de Rungis classé Monument historique et les vestiges de l'aqueduc Médicis du XVIIe siècle — constituent à la fois des éléments patrimoniaux structurants et un rappel de l'importance historique de l'eau dans l'identité du secteur.
Le Centre-ville, organisé autour de la place Jacques-Carat et de la mairie, conserve une trame d'immeubles édifiés essentiellement entre 1900 et 1965, complétée par des reconstructions d'après-guerre et quelques opérations contemporaines. Les distributions d'origine relèvent du plomb laminé pour les arrivées principales et du cuivre étamé pour les distributions secondaires, avec des chutes d'évacuation en fonte grise encore largement en service.
Le quartier du Coteau, qui s'étend sur la partie haute de la commune en direction de Bourg-la-Reine, présente le pavillonnaire cachanais le plus ancien et le plus bourgeois. Maisons en meulière des années 1900-1935, pavillons en briques apparentes ou en enduit, parfois maisons cossues du début du XXe siècle dans les rues les plus calmes proches du parc Raspail. Cette typologie, héritée de l'urbanisation pavillonnaire qui a accompagné l'arrivée du chemin de fer et du tramway dans la couronne sud parisienne, constitue l'une des marques identitaires de Cachan.
Le quartier du Plateau, qui prolonge le Coteau vers le sud, présente une typologie similaire avec des maisons individuelles plus récentes par endroits.
Le quartier des Lumières et plusieurs autres secteurs accueillent des copropriétés intermédiaires édifiées essentiellement entre 1965 et 1990, complétées par quelques opérations résidentielles plus récentes RT 2012 puis RE 2020.
Le secteur du campus de l'ENS (anciennement ENS Cachan, désormais ENS Paris-Saclay depuis le transfert au plateau de Saclay en 2020 mais l'ancien campus reste un ensemble architectural notable) ainsi que la Cité internationale universitaire voisine et les résidences étudiantes alentour structurent une partie du sud de la commune avec une typologie particulière.
Cette mosaïque impose à l'artisan une rigueur particulière. On n'aborde pas une fuite dans un pavillon en meulière du Coteau comme on aborde une chasse d'eau dans une copropriété intermédiaire des Lumières, ni comme on aborde un chauffe-eau dans une résidence universitaire. Les distributions, les pressions, les contraintes de copropriété et les enjeux assurantiels n'ont rien à voir d'un quartier à l'autre.
