Pour bien comprendre la plomberie chelloise, il faut d'abord lire la ville. Chelles a grandi par couches successives, chacune correspondant à une période d'urbanisation, à une vague d'habitat, à une politique publique. Cette stratification se traduit par des typologies hydrauliques différentes selon le secteur où l'on intervient.
Le Centre-ville, organisé autour de l'église Saint-André, de l'ancienne abbaye royale de Chelles (fondée au VIIe siècle par Bathilde, épouse de Clovis II, et qui a été l'une des plus importantes abbayes féminines du royaume franc avant sa suppression à la Révolution) et de la place de la République, conserve une trame d'immeubles édifiés essentiellement entre 1900 et 1965, complétée par des reconstructions d'après-guerre et quelques opérations contemporaines. Les distributions d'origine relèvent du plomb laminé pour les arrivées principales et du cuivre étamé pour les distributions secondaires.
Le quartier de la Mairie, qui prolonge le Centre-ville, présente une typologie similaire avec une dominante d'immeubles bourgeois des années 1900-1935.
Les quartiers Aulnoy et Brosse présentent un pavillonnaire dominant des années 1900-1960 caractéristique du nord 77 : maisons en meulière, pavillons en briques, parfois maisons cossues du début du XXe siècle dans les rues les plus calmes proches de la Marne. Cette typologie constitue l'une des marques identitaires de Chelles.
Le quartier des Coudreaux, situé dans la partie nord de la commune, concentre la principale opération de logement collectif chelloise. Édifié essentiellement entre 1965 et 1985, ce secteur présente des barres et tours en béton gérées par les principaux bailleurs sociaux de Seine-et-Marne. Le quartier fait l'objet de programmes de réhabilitation thermique et hydraulique.
Le quartier du Mont-Châlats et plusieurs autres secteurs accueillent des copropriétés intermédiaires édifiées essentiellement entre 1965 et 1990, complétées par quelques opérations résidentielles plus récentes RT 2012 puis RE 2020.
Cette mosaïque, qui fait la part belle au pavillonnaire mais conjugue plusieurs typologies, impose à l'artisan une rigueur particulière. On n'aborde pas une fuite dans un pavillon en meulière d'Aulnoy comme on aborde une chasse d'eau dans une tour des Coudreaux, ni comme on aborde une chaudière dans une copropriété intermédiaire du Mont-Châlats. Les distributions, les pressions, les contraintes de copropriété et les enjeux assurantiels n'ont rien à voir d'un quartier à l'autre.
