Pour comprendre la plomberie clamartoise, il faut accepter une particularité géographique : Clamart est physiquement coupée en deux par la forêt domaniale de Meudon-Clamart. Au nord, le Bas-Clamart, sur le versant qui descend vers Issy-les-Moulineaux et Paris, concentre le centre historique de la commune. Au sud, le Petit-Clamart, séparé par plusieurs kilomètres de forêt et de coupures urbaines (l'avenue du Général-de-Gaulle constitue la principale artère sud), est né beaucoup plus tard et présente une logique d'urbanisation radicalement différente. Cette dualité historique conditionne, plus qu'on ne l'imagine, la nature des interventions de plomberie qu'on y mène.
Le Bas-Clamart correspond au village originel, attesté depuis le Moyen Âge autour de l'église Saint-Pierre-Saint-Paul (édifice classé dont la nef date pour partie du XVe siècle). Ce centre a été densifié au fil du temps par couches successives : maisons en meulière des années 1900-1930 dans les rues qui descendent vers la gare, immeubles bourgeois post-haussmannien le long de l'avenue Victor-Hugo et de la rue de la Mairie, copropriétés des Trente Glorieuses dans les années 1965-1980, quelques opérations contemporaines plus récentes. Au XIXe siècle, l'activité majeure du Bas-Clamart était l'extraction de pierre — on dénombrait au moins 70 carrières de calcaire entre la voie ferrée et les pentes boisées — et de meulière sur le plateau, ce qui explique la présence en sous-sol de cavités que les plombiers doivent parfois prendre en compte lors d'interventions sur des canalisations enterrées.
Le Petit-Clamart, au sud, présente une histoire toute différente. Jusqu'aux années 1960, c'était essentiellement de la terre agricole, exploitée par des maraîchers qui cultivaient notamment des petits-pois (d'où l'expression de chercheur de bons mots qu'utilisent encore certains anciens : "il vient du pays des petits-pois"). L'urbanisation rapide à partir de 1960-1965 a fait sortir de terre, sur les anciennes parcelles agricoles, des grands ensembles de logements collectifs — barres et tours, copropriétés intermédiaires, opérations sociales — qui constituent encore aujourd'hui une part majeure du parc résidentiel du sud de la commune.
Le quartier du Trivaux-Garenne, au cœur du Petit-Clamart, accueille environ 6 920 habitants selon les données disponibles et présente une typologie mixte : grands ensembles des années 1960-1975 et opérations plus récentes. Le quartier de la Gare (Fort d'Issy–Vanves–Clamart sur la ligne RER C, station historique) connaît depuis quelques années une dynamique de densification. Les quartiers Plaine, Jardin parisien-Panorama-Soleil levant, Galvents-Corby et Percy-Schneider présentent chacun leur identité particulière selon leur histoire d'urbanisation.
Pour le plombier qui intervient à Clamart, cette dualité radicale impose une discipline d'observation. On vérifie l'âge de l'immeuble. On identifie le quartier. On lit le bâti avant de poser le geste. C'est précisément ce que je m'efforce de transmettre aux artisans du réseau Joël qui interviennent sur les Hauts-de-Seine sud.
