Précision honnête tout de suite : je ne suis pas plombière. Je suis étudiante en archi, master 2 à l'ENSA Paris-Belleville, et je sais lire un plan de coupe d'une tour Montparnasse mieux que je sais ressouder un raccord cuivre (j'ai deux pouces gauches dès qu'il y a un chalumeau, c'est un fait). Ce qui me qualifie pour écrire ce guide-là, c'est l'autre côté : trois ans de location à Paris (deux changements d'appart, six interventions plomberie cumulées), et SURTOUT un semestre complet de terrain dans le 14e en M1 — projet urbain sur la requalification de la dalle du Maine et du front Montparnasse à l'horizon 2030.
J'ai arpenté l'arrondissement pendant cinq mois, j'ai fait du relevé urbain dans tous les coins, j'ai rencontré des architectes du projet Montparnasse 2030, des syndics de copropriétés du périmètre, des gardiens d'immeubles haussmanniens autour d'Alésia, des étudiants logés à la Cité Universitaire, des artistes installés dans des ateliers de Plaisance, et des résidents historiques qui se souviennent du quartier avant 1970 — c'est-à-dire avant la grande mutation du front Montparnasse.
Donc je connais le bâti de Paris 14 concrètement, dans ses différentes époques. Je connais les grands ensembles du périmètre tour Montparnasse construits entre 1969 et 1973 dans le cadre du front de Maine, je connais les immeubles haussmanniens 1860-1900 de Petit-Montrouge et d'Alésia où mes amis archi louent souvent leurs T1 et T2, je connais les immeubles ouvriers 1880-1925 de Plaisance et Pernety (Paris 14e était un quartier ouvrier historique du sud parisien), et je connais les copropriétés intermédiaires 1960-1985 autour du parc Montsouris et de la Cité Universitaire.
Et entre les étudiants de Paris-V, Paris-Descartes, ENSA Paris-Val-de-Seine, l'École nationale supérieure des Mines de Paris (avenue de l'Observatoire à la limite 5e/14e) et la Cité Universitaire que j'ai rencontrés pendant mon terrain, j'ai recueilli pas mal d'histoires de pannes plomberie, d'arnaques évitées (ou pas), et de proprios bailleurs qui répondent jamais au téléphone.
Léa, étudiante en médecine à Paris-V, locataire d'un studio 19 m² rue Daguerre dans un immeuble 1900. Yacine, jeune diplômé ingénieur Mines installé dans un T2 récemment rénové côté Pernety. Maya, élève architecte à l'ENSA Paris-Val-de-Seine, qui partage un T2 avec sa colocataire rue Boulard. Sami, étudiant en sciences politiques à Sciences Po Saint-Germain, locataire d'une chambre en colocation T4 côté Mouton-Duvernet. Élodie, qui prépare l'agrégation de lettres et qui loue un studio en sous-location à la Cité Universitaire.
Tous ont eu des galères plomberie dans le 14e, et tous m'ont raconté ce qui s'est passé. Je parle pas en théorie. Je parle en POV étudiante/jeune adulte qui loue à Paris 14 (ou qui y vient pour la fac, ou qui y traîne entre Denfert et Alésia parce que c'est plus calme que le 6e et plus accessible que les 16e/17e). Si tu te reconnais — étudiante en master ou licence, premier petit job en CDI ou intérim, 800-1 100€ de loyer pour 18-30 m², propriétaire-bailleur que tu ne croises jamais ou logement Crous parfois mal entretenu — ce guide est exactement pour toi.
Je vais te dire ce que j'aurais aimé qu'on dise à Léa, Yacine, Maya, Sami et Élodie avant qu'ils tombent dans les pièges.
