Pour comprendre les pannes que l'on rencontre dans le 7e arrondissement, il faut accepter un détour historique. Le quartier est antérieur à l'haussmannisation pour sa partie noble — Faubourg Saint-Germain, hôtels particuliers du XVIIIe, fondations religieuses comme Sainte-Clotilde — et a été densifié entre 1853 et 1910 par des immeubles de rapport édifiés selon les standards qu'imposait alors le baron Haussmann à ses architectes. Les distributions d'eau de cette époque utilisaient principalement le plomb laminé pour les colonnes montantes, la fonte grise (souvent fournie par Saint-Gobain ou Pont-à-Mousson) pour les chutes d'évacuation, et le cuivre étamé pour les distributions secondaires en appartement. Cette stratification matérielle, encore largement présente derrière les coffrages des cages d'escalier ou dans les trémies techniques héritées du XIXe, explique la nature des désordres rencontrés.
Un immeuble édifié en 1875 rue Saint-Dominique ne réagit pas à une fuite comme une résidence des années 1980 du XVe arrondissement. La fonte des chutes principales se corrode par couches concentriques et finit par fuir au niveau des emboîtements, généralement à hauteur des paliers, là où les contraintes mécaniques sont les plus fortes. Le plomb des colonnes d'eau froide se piquette et présente des micro-fuites sourdes que seule une caméra thermique ou un gaz traceur permettent de localiser sans destruction. Quant aux distributions cuivre des appartements, refaites pour partie dans les années 1960-1970 lors des grandes campagnes de modernisation des sanitaires, elles présentent des soudures à l'étain-plomb désormais interdites mais encore actives.
Cette diversité matérielle a deux conséquences pratiques pour qui intervient dans le 7e. Premièrement, le diagnostic exige du temps : on ne déclenche pas une intervention destructive avant d'avoir compris où passe l'eau et de quelle époque date la portion défaillante. Deuxièmement, la moindre intervention doit respecter le geste architectural d'origine — c'est-à-dire reconstituer une cohérence visuelle et technique avec l'existant, sans laisser ces horribles boîtes blanches en saillie qui défigurent tant de cages d'escalier autrefois nobles. Un artisan formé au bâti ancien comprend cette exigence. Un opérateur low-cost, lui, posera son PER apparent et facturera 600€ une fuite à 79€.
