Pour comprendre la plomberie rueilloise, il faut accepter un détour par la singularité de son bâti. La commune est née de la fusion progressive du vieux bourg médiéval autour de l'église Saint-Pierre-Saint-Paul (où Joséphine de Beauharnais et la reine Hortense reposent depuis 1825), de plusieurs hameaux ouvriers et résidentiels qui se sont densifiés à partir du XIXe siècle, et de l'urbanisation systématique qui a accompagné l'arrivée du chemin de fer puis du RER A. Cette stratification se lit aujourd'hui en plusieurs grands secteurs aux typologies hydrauliques très distinctes.
Le Centre-ville, organisé autour de la mairie, de l'avenue Paul-Doumer et de la place de l'Église, conserve un bâti hérité essentiellement des années 1880-1935 : maisons bourgeoises, immeubles de rapport, commerces de rez-de-chaussée surmontés de logements. Les distributions d'origine relèvent du plomb laminé pour les arrivées principales et du cuivre étamé pour les distributions secondaires. Les chutes d'évacuation sont en fonte grise massive, parfois encore en service un siècle après leur pose initiale.
La Plaine-Gare, secteur populaire situé entre la gare RER A et la zone d'activités Rueil-sur-Seine, présente une accessibilité exceptionnelle grâce à la proximité immédiate de la station RER A. Le bâti y mêle des immeubles collectifs des années 1955-1980, des opérations de rénovation urbaine plus récentes, et désormais des programmes neufs liés à la requalification des friches.
Le Plateau–Mont-Valérien, considéré par les agents immobiliers locaux comme le quartier le plus prisé de Rueil, occupe les hauteurs au sud de la commune autour du parc départemental du Mont-Valérien. Bâti dominant : maisons bourgeoises de l'entre-deux-guerres, copropriétés intermédiaires des années 1960-1985, opérations résidentielles récentes RT 2012 et RE 2020. Le secteur abrite par ailleurs le mémorial de la France combattante inauguré par le général de Gaulle le 18 juin 1960.
Buzenval, au nord-ouest le long du tramway T2, et Fouilleuse, Closeaux, Pince-Vins, Martinets présentent chacun leur typologie particulière, alternant pavillonnaire ancien, copropriétés des Trente Glorieuses et opérations plus récentes. Le secteur du château de Malmaison lui-même, à l'ouest de la commune, conserve une trame résidentielle de standing avec ses pavillons cossus et ses petites résidences de qualité.
Et puis il y a le secteur tertiaire de Rueil-sur-Seine, l'un des principaux pôles de bureaux des Hauts-de-Seine ouest, qui accueille des sièges sociaux d'entreprises (Vinci, GDF Suez historique, Schlumberger). La plomberie tertiaire suit ses propres règles, dominée par les sous-stations CVC, les nourrices PER ou multicouche en faux-plafond, les VMC double flux complexes.
Cette mosaïque impose à l'artisan une rigueur particulière. On n'aborde pas une fuite dans une maison bourgeoise du Plateau comme on aborde un dégât des eaux dans un immeuble années 1965 de la Plaine-Gare, ni comme on aborde un plancher chauffant dans une résidence neuve près du château.
