Les premiers réflexes : ce qu'il faut faire (et surtout ne PAS faire) dans la minute
La toute première chose, et je le répète à chaque permanence à Villabé : ne tirez pas la chasse une deuxième fois. C'est le réflexe naturel, on se dit "ça va peut-être passer", on appuie encore. Et là, on déclenche un débordement. Si le WC est bouché, le réservoir va déverser ses six litres dans une cuvette déjà pleine, et l'eau passe par-dessus bord. J'ai vu des dégâts sur le carrelage et le plafond du voisin du dessous pour ce seul geste de trop.
Voici l'ordre exact que je conseille, calmement :
Un. Arrêtez tout et observez. L'eau est haute mais ne déborde pas ? Bien. Laissez-la redescendre toute seule pendant dix à quinze minutes. Dans beaucoup de cas — un bouchon de papier pas trop tassé — le niveau baisse doucement de lui-même. La gravité travaille pour vous. Patientez.
Deux. Coupez l'arrivée d'eau du WC. Derrière ou sous le réservoir, il y a un petit robinet quart-de-tour (le robinet d'arrêt). Fermez-le. Comme ça, même si quelqu'un actionne la chasse par habitude, le réservoir ne se remplira plus et vous éliminez tout risque de débordement. C'est le geste de sécurité numéro un.
Trois. Si l'eau est vraiment trop haute, écopez un ou deux litres avec un récipient (un vieux pot, un gobelet) que vous jetez dans un seau, pas dans le lavabo. On veut juste retrouver de la marge avant de bricoler.
Quatre. Protégez le sol. Une vieille serviette au pied de la cuvette, des gants de ménage. Le débouchage, même propre, ça éclabousse.
Ce qu'il ne faut jamais faire, et c'est important : ne versez pas de produit déboucheur chimique dans une cuvette de WC déjà pleine. Je consacre une section entière à ce sujet plus bas, mais sachez-le tout de suite — ces produits à base de soude sont prévus pour les canalisations de lavabo, pas pour les WC, et dans une cuvette pleine ils ne font que stagner sur le bouchon sans l'atteindre, en dégageant des vapeurs et en risquant de vous brûler quand vous bricolerez ensuite à la ventouse. Eau qui éclabousse plus soude caustique, c'est l'accident assuré.
Une fois ces réflexes posés, vous avez gagné l'essentiel : pas de débordement, pas de dégât chez le voisin, et le temps de réfléchir. C'est exactement ce que je faisais à EDF devant un incident — on sécurise d'abord, on diagnostique ensuite. On ne se précipite jamais.