Pour bien comprendre la plomberie aulnaysienne, il faut accepter une particularité urbaine : Aulnay-sous-Bois est physiquement et sociologiquement coupée en deux par le passage de l'autoroute A3 et la voie ferrée du RER B qui constituent une coupure majeure dans le territoire communal. Au sud, le pavillonnaire ancien organisé autour du Vieux-Pays et de l'église Saint-Sulpice (édifice du XIIe siècle, l'un des plus anciens monuments de Seine-Saint-Denis). Au nord, le grand ensemble édifié à partir de 1969 sur d'anciennes parcelles agricoles, qui concentre les quartiers Rose-des-Vents, Mitry, Ambourget, Cité Emmaüs.
Le Vieux-Pays-Roseraie-Bourg, qui correspond à la partie historique de la commune, regroupe environ 7 090 habitants selon les sources statistiques disponibles. C'est un secteur où dominent les pavillons en meulière des années 1900-1935, les maisons mitoyennes en briques apparentes ou en enduit, complétés par quelques immeubles bourgeois modestes le long des artères principales. Les distributions d'origine relèvent du plomb laminé pour les arrivées principales et du cuivre étamé pour les distributions secondaires.
Le quartier de la Rose-des-Vents, construit en 1969 dans la partie nord d'Aulnay-sous-Bois, présente une histoire différente : il a été édifié sur d'anciennes parcelles agricoles pour loger les ouvriers et cadres de la nouvelle usine Citroën implantée à proximité. Au-delà de la Rose-des-Vents stricto sensu, l'ensemble des grands ensembles des quartiers nord totalise environ 6 500 logements et accueille près de 24 000 habitants — soit 30 % de la population aulnaysienne — sur seulement 4 % du territoire communal.
Les autres secteurs nord — Mitry, Ambourget, Cité Emmaüs — présentent une typologie similaire : barres et tours en béton édifiées entre 1965 et 1985, gérées aujourd'hui par les principaux bailleurs sociaux de Seine-Saint-Denis. Ces ensembles font pour partie l'objet de programmes de réhabilitation thermique et hydraulique conduits dans le cadre des conventions ANRU successives.
Les autres quartiers pavillonnaires sud (Centre-Gare, La Croix-Blanche, Les Étangs) présentent une typologie de pavillonnaire des années 1900-1960 mêlée à quelques copropriétés intermédiaires plus récentes.
Cette mosaïque impose à l'artisan une rigueur particulière. On n'aborde pas une fuite dans un pavillon en meulière du Vieux-Pays comme on aborde une chasse d'eau dans une tour de la Rose-des-Vents, ni comme on aborde une chaudière dans une copropriété intermédiaire de la Croix-Blanche. Les distributions, les pressions, les contraintes de copropriété et les enjeux assurantiels n'ont rien à voir d'un quartier à l'autre.
