Pour bien comprendre la plomberie drancéenne, il faut d'abord lire la ville. Drancy a grandi par couches successives, et l'INSEE découpe aujourd'hui la commune en 29 quartiers statistiques (IRIS) qui reflètent cette stratification. Cette diversité du bâti se traduit par des typologies hydrauliques radicalement différentes selon le secteur où l'on intervient.
Le Centre-ville, organisé autour de la place de l'Hôtel-de-Ville et de l'église Sainte-Louise-de-Marillac, conserve une trame d'immeubles édifiés essentiellement entre 1900 et 1960, complétée par des opérations plus récentes. Les distributions d'origine relèvent du plomb laminé pour les arrivées principales et du cuivre étamé pour les distributions secondaires, avec des chutes d'évacuation en fonte grise encore largement en service.
Le quartier de la Muette, qui regroupe environ 4 350 habitants selon les sources statistiques disponibles, occupe une place singulière dans le bâti drancéen. La Cité de la Muette, conçue par Eugène Beaudouin et Marcel Lods et édifiée à partir de 1931, est l'un des tout premiers grands ensembles de logement social français : c'est aussi le site du camp d'internement de Drancy pendant la Seconde Guerre mondiale, et l'ensemble est classé Monument historique depuis 2001. Le secteur conjugue donc des bâtiments anciens à valeur patrimoniale exceptionnelle et des immeubles plus récents qui complètent la trame.
Les autres secteurs nord — Économie, Pierre-Sémard, Avenir-Parisien — concentrent une part importante du grand ensemble drancéen édifié entre 1960 et 1985. Tours et barres en béton, gérées aujourd'hui par les principaux bailleurs sociaux de Seine-Saint-Denis (Drancy Habitat, Seine-Saint-Denis Habitat, Plaine Commune Habitat selon les opérations). Ces ensembles font pour partie l'objet de programmes de réhabilitation thermique et hydraulique conduits dans le cadre des conventions ANRU successives.
Le Petit-Drancy, qui s'étend dans la partie sud-ouest de la commune, présente une typologie pavillonnaire des années 1900-1935 caractéristique : maisons mitoyennes en briques apparentes ou en enduit, pavillons en meulière des artisans et employés du début du XXe siècle, complétés par quelques opérations plus tardives.
Cette mosaïque impose à l'artisan une rigueur particulière. On n'aborde pas une fuite dans un pavillon en meulière du Petit-Drancy comme on aborde une chasse d'eau dans un immeuble historique de la Cité de la Muette, ni comme on aborde un chauffe-eau dans une tour des secteurs nord. Les distributions, les pressions, les contraintes de copropriété et les enjeux assurantiels n'ont rien à voir d'un quartier à l'autre.
