Pour bien comprendre la plomberie balbynienne, il faut d'abord lire la ville. Bobigny a grandi par couches successives, chacune correspondant à une politique publique structurante. Cette stratification se traduit par des typologies hydrauliques radicalement différentes selon le secteur où l'on intervient.
Le Centre-ville, organisé autour de la préfecture de Seine-Saint-Denis, du tribunal judiciaire, de la Bourse du Travail (édifice classé Monument historique conçu par Oscar Niemeyer et inauguré en 1980) et de la cité administrative, conserve une trame d'immeubles édifiés essentiellement entre 1965 et 1985 dans le cadre du grand projet de capitale départementale qui a refaçonné le secteur lors de la création du département en 1968. Les distributions d'origine relèvent du cuivre dégrappé pour la majorité des immeubles, avec des colonnes communes en acier galvanisé pour les programmes les plus anciens.
Le quartier Étoile — qui prend son nom de la place de l'Étoile et de l'avenue Henri-Barbusse — concentre une part importante du grand ensemble balbynien. Tours et barres en béton, parfois jusqu'à seize étages, gérées aujourd'hui par les principaux bailleurs sociaux de Seine-Saint-Denis (Seine-Saint-Denis Habitat, Plaine Commune Habitat, RIVP, CDC Habitat). Ces ensembles font pour partie l'objet de programmes de réhabilitation thermique et hydraulique conduits dans le cadre des conventions ANRU successives.
Édouard-Vaillant, Karl-Marx et Pont-de-Pierre présentent une typologie similaire : barres et tours édifiées entre 1965 et 1985, avec une part importante de logement social. La sociologie résidentielle y est marquée par une forte présence de familles modestes, de familles monoparentales et de retraités à revenu limité.
Le secteur de l'Illettrie et du Chemin-Vert présente quant à lui une typologie plus diverse, mêlant copropriétés intermédiaires et opérations plus récentes.
Le campus de l'Université Sorbonne Paris Nord (ex-Paris 13), qui constitue son deuxième plus grand site avec celui de Villetaneuse, structure une partie du nord de la commune. Plusieurs résidences universitaires CROUS et privées s'y rattachent, avec une typologie hydraulique caractéristique des opérations universitaires des années 1970-1990.
Cette mosaïque impose à l'artisan une rigueur particulière. On n'aborde pas une fuite dans un immeuble du Centre administratif comme on aborde une chasse d'eau dans une tour de l'Étoile, ni comme on aborde une chaudière dans une résidence universitaire récente. Les distributions, les pressions, les contraintes de copropriété et les enjeux assurantiels n'ont rien à voir d'un quartier à l'autre.
