Lire Gif-sur-Yvette avant d'ouvrir un robinet : pourquoi la vallée commande la plomberie
Avant de parler tuyaux, laissez-moi vous expliquer pourquoi je commence toujours, à Gif-sur-Yvette, par regarder une carte plutôt qu'un évier.
La commune est traversée et nommée par la rivière l'Yvette, à laquelle s'ajoutent la Mérantaise et de plus modestes cours d'eau, le ruisseau d'Angoulême et le ruisseau des Fonds (Wikipédia et l'inventaire général du patrimoine culturel d'Île-de-France les recensent). L'existence de moulins est attestée dès le XIIe siècle, alimentés par l'Yvette et la Mérantaise, et ils ont structuré la vie locale pendant près de sept siècles et demi. Cette présence de l'eau, féconde pour le meunier d'hier, est un paramètre permanent pour le plombier d'aujourd'hui : la nappe est haute en fond de vallée, l'humidité du sol est une donnée structurelle, et le bâti ancien y a été édifié avec les matériaux et les techniques de son temps — moellon, meulière, plâtre, et, pour la distribution d'eau, des réseaux en plomb puis en cuivre qui arrivent aujourd'hui au terme de leur vie technique normale.
La géographie de Gif, je l'ai dit, se lit en trois strates. En vallée, le long de l'Yvette et autour de la Mairie, des Coupières, de la Mérantaise, de Damiette, de Courcelle, de l'Abbaye et des Coudraies, on trouve le centre ancien, les belles demeures bourgeoises et les villas pittoresques soigneusement restaurées dont parle le Parc naturel régional de la Haute Vallée de Chevreuse, auquel la commune appartient. Sur le plateau de Moulon, au sud, s'étend le campus urbain de Paris-Saclay : un quartier neuf, sorti de terre dans les années récentes, qui mêle résidences étudiantes (de l'ordre de 2 000 lits selon l'EPA Paris-Saclay), logements familiaux et équipements. Sur le plateau du Hurepoix, enfin, Hacquinière, Belleville et surtout Chevry — un quartier entier créé en 1975 sur des terres cédées par Gometz-la-Ville et Gometz-le-Châtel — alignent pavillons et petits collectifs des décennies 1960-1980.
Une fuite d'eau visible se traite partout de la même main, mais ne se prévient et ne se comprend pas de la même façon selon la strate. Dans une maison de caractère du bord d'Yvette, le réseau est souvent un assemblage de plusieurs époques, où le plomb d'origine côtoie des reprises en cuivre et en multicouche : les points faibles sont les jonctions entre matériaux. Dans un pavillon de Chevry des années 1970, on retrouve un cuivre d'origine posé d'un seul tenant, vieux d'un demi-siècle, dont les coudes et les raccords cèdent par fatigue. Dans une résidence récente de Moulon, le réseau est jeune et normalisé (multicouche, PER), mais les défauts proviennent alors des malfaçons du chantier rapide : un raccord mal serti, un collier oublié, une soudure froide.
Voilà pourquoi je vous demande, en préambule, de situer votre logement. Ce n'est pas une coquetterie d'architecte : c'est la première information utile que vous donnerez au plombier au téléphone, et c'est elle qui oriente le diagnostic.