Privatif ou collectif : la première question à vous poser à Maisons-Alfort (et elle change tout)
Avant même de parler de panne, de prix ou de plombier, il y a une question que je pose systématiquement quand un copropriétaire de Maisons-Alfort m'appelle pour de l'eau chaude : votre eau chaude est-elle produite chez vous, ou arrive-t-elle déjà chaude dans vos tuyaux ? La réponse détermine tout le reste, et à Maisons-Alfort plus qu'ailleurs, parce que cette ville est une des rares de la petite couronne à disposer d'un réseau de chaleur d'une telle ampleur.
Commençons par le cas le plus simple : le chauffe-eau individuel privatif. Vous avez, quelque part dans votre logement — placard de couloir, salle de bain, cuisine, cellier d'un pavillon —, un appareil qui vous appartient et qui chauffe votre eau : un cumulus électrique, un chauffe-eau gaz instantané, ou un chauffe-eau thermodynamique. Il est rattaché à votre compteur, vous payez l'énergie qu'il consomme, et quand il tombe en panne, c'est une affaire privée : vous (ou votre propriétaire si vous êtes locataire) appelez un plombier, point. C'est le cas de l'immense majorité des pavillons du Charentonneau, de Liberté, du Vert-de-Maisons, et d'une bonne partie des appartements en petites copropriétés.
Maintenant le cas qui fait la spécificité de Maisons-Alfort : l'eau chaude sanitaire collective. Dans de nombreux immeubles — notamment ceux raccordés au réseau de chauffage urbain géothermique de la ville —, il n'y a pas de chauffe-eau dans votre appartement. L'eau chaude est produite collectivement, dans une sous-station ou une chaufferie commune en pied d'immeuble, puis distribuée chaude jusqu'à vos robinets par des colonnes. Ce réseau, construit entre 1984 et 1986 et étendu depuis, puise une eau naturellement chaude (entre 55 et 75 °C) dans la nappe du Dogger à plus de 1 500 mètres de profondeur, et alimente plus de 40 % des logements maisonnais en chauffage et en eau chaude. Concrètement, si vous habitez un immeuble concerné, vous n'avez pas de ballon à vous : l'eau chaude est une charge de copropriété, gérée par le syndic via le contrat collectif.
Pourquoi est-ce que j'insiste autant sur cette distinction ? Parce que c'est exactement là que les particuliers perdent de l'argent et du temps. J'ai vu des copropriétaires d'un immeuble en eau chaude collective, paniqués par une douche froide un dimanche, appeler un dépanneur d'urgence trouvé sur internet, payer 200 € de déplacement pour s'entendre dire « ce n'est pas votre installation, c'est le réseau de l'immeuble ». L'argent est perdu, et le vrai problème — souvent un échangeur de sous-station ou une pompe de bouclage en panne, qui relève du syndic — n'a pas avancé d'un pouce.
Comment savoir de quel côté vous êtes, en trente secondes ? Trois indices. Premier indice : cherchez physiquement un ballon ou un chauffe-eau dans votre logement. Si vous en avez un, vous êtes en privatif. Deuxième indice : regardez vos charges. Si vous payez l'eau chaude dans vos charges de copropriété (poste « eau chaude sanitaire » ou « ECS » sur votre décompte), c'est collectif. Troisième indice : votre eau chaude tombe-t-elle en panne en même temps que celle de vos voisins ? Si tout l'immeuble n'a plus d'eau chaude au même moment, c'est presque toujours le réseau collectif. Si c'est uniquement chez vous, c'est votre installation privative. Cette page traite avant tout du chauffe-eau individuel — mais je reviendrai en détail sur le cas collectif, parce qu'à Maisons-Alfort, on ne peut pas l'ignorer.