Pour bien comprendre la plomberie suresnoise, il faut d'abord lire la ville. Suresnes a grandi par couches successives, chacune correspondant à une période d'urbanisation et à une politique publique. La mairie reconnaît officiellement quinze quartiers, dont les plus identifiables sont le Centre-ville, la Cité-jardins, le Village Anglais, le Pas-Saint-Maurice, et le Mont-Valérien.
Le Centre-ville, organisé autour de la mairie, de la place du Général-Leclerc et du carrefour de la Croix-du-Roy, conserve un bâti hérité essentiellement des années 1880-1935 : maisons mitoyennes, immeubles de rapport modestes, commerces de rez-de-chaussée surmontés de logements bourgeois ou ouvriers. Les distributions d'origine relèvent du plomb laminé pour les arrivées principales et du cuivre étamé pour les distributions secondaires.
La Cité-jardins, opération exceptionnelle édifiée à partir de 1921 sous l'impulsion d'Henri Sellier (maire de Suresnes de 1919 à 1941, ministre de la Santé publique du Front populaire en 1936-1937), constitue l'un des secteurs les plus identitaires de la commune. Caractérisée par ses immeubles en briques rouges et son urbanisme paysager exemplaire, elle a été progressivement classée et inscrite au titre des monuments historiques. Elle compte aujourd'hui plusieurs milliers de logements, gérés en grande partie par des bailleurs sociaux ou par des copropriétés intermédiaires.
Le Village Anglais, le long de la Seine au nord de la commune, doit son nom à la communauté anglaise qui s'y était installée à la fin du XIXe siècle dans des cottages d'inspiration britannique. Ce quartier conserve une trame résidentielle de standing intermédiaire, mêlant pavillons cossus et petites résidences.
Le Pas-Saint-Maurice, à l'extrémité ouest de la commune sur les pentes du Mont-Valérien, présente un aspect rural étonnant pour la première couronne francilienne, avec quelques pavillons isolés et un patrimoine arboré important.
Et puis il y a le quartier du Mont-Valérien sur les hauteurs au sud-ouest, qui occupe une position tout à fait singulière : le mémorial de la France combattante, inauguré le 18 juin 1960 par le général de Gaulle, est l'un des hauts lieux de la mémoire nationale. Le fort du Mont-Valérien, lui, situé administrativement sur les communes de Suresnes (majoritairement), Nanterre et Rueil-Malmaison, fut le théâtre entre 1941 et 1944 de l'exécution de plus d'un millier de résistants et d'otages par l'occupant allemand. Ce voisinage mémoriel conditionne toute la sociologie résidentielle du secteur.
Cette mosaïque impose à l'artisan une rigueur particulière. On n'aborde pas une fuite dans un pavillon du Pas-Saint-Maurice comme on aborde un dégât des eaux dans un immeuble en briques de la Cité-jardins, ni comme on aborde une chasse d'eau dans une copropriété récente du Centre.
